
C’était il y a soixante ans, à cinq-cents km. plein nord de Niamey, la capitale du Niger. Nous sommes en pleine zone sahélienne, un désert de sable ébouriffé de quelques arbres, où s’éparpille une maigre végétation, rapidement exsangue après une saison des pluie de plus en plus courte.
L’eau stagne à cinquante mètres de profondeur. Inutile d’entraver les chameaux les ânes, les moutons : on les retrouve errants aux alentours des rares puits, attendant le secours de humains pour boire.
La température en juin monte jusqu’à cinquante-cinq degrés, à condition de trouver de l’ombre…
Pour vivre ici, sans eau courante, sans électricité, sans téléphone, sans voiture, sans revenu fixe, sans médecin, entre sable et soleil, il faut s’accrocher et accepter de subir les forces de la Nature. Le mil ne poussera que s’il pleut.
Pour connaître le sort qui sera réservé à la communauté, les habitants sont animistes et s’efforcent de dialoguer avec leurs Dieux. En saison sèche, les danses de possession réunissent hommes, femmes et enfants, la nuit, en secret au fond des villages malgré l’interdit de la religion officielle.
En 2025, loin des villes, on vit encore ainsi, mais le réchauffement climatique va bientôt tout submerger sous une mer de dunes sahariennes, en inexorable progression…
C’est à huit heures de Paris, plus deux jours de taxi de brousse…















